Égoïstement, j’ose espérer n’être pas la seule à avoir vécu une multitude de « Vie de Merde » en voyage. Altruistement, j’espère que ces « Vie de Merde » vous ont laissées d’aussi bons souvenirs qu’à moi. Ces imprévus qui semblent peu amusants sur le moment se révèlent être une partie importante du voyage, une partie que l’on aime raconter. J’ai donc décidé de partager avec vous mes 5 galères préférées vécues par moi-même sur la route.
 

Débuter les vacances par 10h sur un parking slovène

A l’école, le voyage scolaire est l’évènement le plus attendu. Cette année-là, nous visitions la Croatie et Venise. Mais avant cela, il fallait arriver à destination. Ce jour-là, lorsque le bus est tombé en panne, nous ne savions pas que nous allions passer plusieurs heures sur un parking en Slovénie. Nous ne savions pas que le car qui venait « à la rescousse » prendrait si longtemps à nous rejoindre. Nous ne savions pas que nous dévaliserions le petit commerce qui ne savait lui-même pas qu’il devrait accueillir 70 personnes affamées. Nous ne savions pas que le trajet qui était censé durer environ 15h allait finalement durer 10h de plus…

 

A la recherche d’une pompe à essence en Bosnie

L’argent ou plutôt le manque d’argent pousse parfois à prendre des décisions stupides. Alors que nous étions sur la route, mes amis et moi avons décidé de ne pas faire le plein d’essence en Croatie car cela nous coûterait moins cher en Bosnie-Herzégovine. L’idée qui semblait très judicieuse au départ s’est avérée irréfléchie. Passé la frontière de quelques mètres, nous avons constaté que la belle autoroute sur laquelle nous roulions était en construction dans le pays voisin. Nous avons alors emprunté les petites routes qui nous ont emmenées de nouveau à la frontière (« Oups, bonjour monsieur l’agent, nous sommes perdus. ») et à la rencontre d’un berger et de son troupeau. Alors que nous imaginions différents scénarios (« Alors, deux personnes resteront à la voiture et les autres iront chercher de l’aide. »), le conducteur s’efforçait de consommer le moins d’essence possible en coupant le moteur dans les descentes (pas sûre que ça ait été la meilleure idée du jour). Evidemment, nous étions presqu’à sec, sinon ce n’est pas drôle. Nous avons finalement trouvé une petite pompe à essence alors qu’il nous restait moins de 30km d’autonomie. Tout est bien qui finit bien.

 
Cookie et Attila - Venise 10

Déluge au carnaval de Venise

Alors que j’aurais pu décider d’aller au carnaval de Ptuj en Slovénie où la météo s’annonçait très bonne. J’ai décidé d’aller au carnaval de Venise. Le trajet s’est bien passé (étonnement vu mes expériences) jusqu’au moment où nous devions prendre le bateau : « Mesdames, Messieurs, veuillez patienter, les vagues dues à la météo capricieuse rendent la traversée difficile ». Nous sommes finalement arrivés à bon port et avons profité de la journée dans les rues mouillées et n’avons pas admiré les évènements annulés du carnaval. Jusque-là, tout va bien (ou presque…). La situation s’est compliquée lorsque, pour le retour, après la traversée en bateau, sous le déluge de pluie, le groupe avec lequel je voyageais (150 personnes environ) s’est éparpillé sur un parking immense composé de plusieurs parkings immenses. Finalement, après quasiment 1h de perdition sous une pluie démentielle, nous avons rejoint notre car qui avait passé la même heure à essayer de retrouver ci et là ses voyageurs perdus et transis de froid. Cela vous parait peut-être « pas tant vie de merde que ça » mais si vous étiez au carnaval de Venise en 2014, partageons notre douleur.

 

Traversée de l’Ile de Ré à vélo

« Traversée de l’Ile de Ré à vélo », franchement ce n’est pas la mort. Oui je l’admets. Mais imaginez une famille de 7 heureuse de se rendre à l’Ile de Ré en motorhome. Imaginez maintenant cette même famille obligée de s’arrêter à la Rochelle pour acheter des tentes et tout le matériel de camping parce que le dit motorhome a rendu l’âme pour au moins une semaine. Imaginez maintenant cette même famille faire à vélo le parcours de La Rochelle à Ars en Ré (plus de 30km) en vélo car ce serait trop bête d’être seulement à pied sur cette île et qu’y aller en voiture exploserait le budget vu le nombre d’aller-retour à prévoir. Imaginez maintenant que dans cette famille le plus jeune enfant a 7 ans et qu’ils doivent tous faire la traversée un lendemain de tempête. Je n’ai pas besoin de me l’imaginer car je me rappelle les kilomètres parcourus face au vent, comme si c’était hier.

 
Vie de Merde en voyage. Mes 5 galères préférées sur la route

Un long détour pour aller du Kosovo à la Bosnie

Attention, cette histoire est longue mais c’est ma préférée. Il est utile de savoir que le GPS utilisé lors de ce voyage ne connaissait pas la frontière entre le Kosovo et la Serbie. Il est également utile de savoir que nous ne pouvions pas nous rendre dans ce dernier pays (pas de visa pour l’un de nous) et qu’il n’était pas conseillé de passer la frontière entre les deux pays. Après avoir quitté Skenderaj au Kosovo (petit détour de 5h sur notre planning), nous nous étions enfin décidés à rejoindre la Bosnie. Très confiants dans les connaissances de notre GPS, nous l’avons suivi les yeux fermés. C’est après avoir lu « Direction Belgrade » (capitale de la Serbie…) sur un grand panneau au-dessus de la route que nous avons décidé d’emprunter un autre chemin. Celui-ci s’est révélé plus compliqué que prévu… Après quelques minutes de route, le GPS nous emmenait toujours plus proche de la frontière serbe. « Mais non monsieur le GPS, on ne veut pas aller là-bas. » Ensuite, tout s’est enchaîné :

  • les soldats ukrainiens postés derrière leurs sacs de sable « QUOI, c’est le drapeau ukrainien, on n’est pas en Ukraine, l’Ukraine c’est loin ! Aaaaah ! » (Mise en contexte, c’est l’année où la guerre a éclaté à Kiev.)
  • les drapeaux serbes accrochés partout (vraiment partout) avec des banderoles « Ici, c’est la Serbie » qui ne sont que très peu accueillants
  • la route qui se révèle être un chemin de terre boueux où l’éventuelle présence de mines aux alentours ne nous rassurait guère
  • C’est tout, pour le moment (après un petit détour, fort en émotion, de 2h sur notre planning)

Nous avions alors fait demi-tour et avions réussi à nous éloigner de la Serbie et à nous diriger vers le Monténégro. Nous avons roulé de longs kilomètres dans la campagne, entouré de verdure. Finalement, notre ventre grognait et nous avons trouvé de quoi nous sustenter dans un petit restaurant qui s’est révélé être un espèce de bordel où les femmes au style que je trouvais très excentrique (oh que je suis naïve) se sont révélées être des prostituées. Ensuite, un homme fort sympathique nous avait prévenu « vous avez une longue route devant vous pour traverser tout le nord du Monténégro ». Contexte, à ce moment il est environ 22h, nous avons réservé une auberge à Sarajevo (unique fois lors de ce voyage où nous réservions le logement à l’avance) et il nous reste selon le GPS environ 6h de route. C’est là que pour la seconde fois, tout s’enchaîne.

  • la route sinueuse sur laquelle nous croisons de gros poids lourds qui n’ont « peur de rien », surtout pas de nous
  • la frontière à laquelle nous devons vider le contenu de nos sacs (pour la 5ème fois au court de ce voyage) au beau milieu de la nuit
  • le brouillard d’une densité extrême et de la neige (en mai) qui nous accueillent dans la descente. La visibilité était sans exagération de moins de 150 centimètres.
  • l’apparition sur la route, à 3h du matin, au milieu de nulle part, d’un homme s’avançant vers nous après la discussion « Imagine, quelqu’un fait du stop maintenant, tu t’arrêtes ? ». Nous ne nous sommes pas arrêtés (pour notre excuse, nous étions très fatigués et la scène semblait sortie toute droit d’un film d’horreur.)

Finalement, après un trajet qui nous a semblé interminable entre le Kosovo et la Bosnie, nous sommes arrivés à l’auberge de jeunesse vers 7h du matin et avons réservé une nuit supplémentaire pour ne pas devoir faire le check out à 10h. Sinon ça aurait été trop de galère en peu de temps. Tout est bien qui finit bien. Nous avons vécu un voyage fort en émotions, ponctué de petits évènements dingues qui se sont additionnés pour créer un souvenir inoubliable.

Quasiment toutes mes mésaventures en voyage sont liées au moyen de transport ou à la météo. Je sais de quoi me méfier pour mes prochaines escapades ! J’espère que ces #VDM vous ont plu. Rien n’a été inventé, chaque détail de ces histoires a été vécu par moi-même et mes compagnons de route.
J’ai vécu d’autres #VDM en voyage, une multitude de vie de merde. Je n’en ai choisi que 5 à présenter ici car il ne faut pas abuser des bonnes choses. Elles me laissent toutes de très bons souvenirs. Ce sont ces imprévus qui pimentent chacun de mes voyages. Rien de grave, seulement des petites « vie de merde » et des anecdotes à raconter.
Si vous voulez découvrir plus de VDM, j’ai été inspirée pour cet article par la vidéo de « Et pourquoi pas Coline »

.

Et pour vous, quelles sont vos « Vie de merde » en voyage ? Je suis curieuse de les lire ici en commentaire ou sur votre blog !

11 Commentaires

  1. Oh génial ce type d’article. Y a aussi les Globe blogueurs qui font ça avec « Voyageur Loser ». J’aime bien les lire, je me sens moins seule face à la poisse. J’en aurais aussi des bien bonnes à raconter aussi.

  2. Génial ton article ! J’adore ce genre d’anecdotes qui, si elles ne font pas rire sur le coup, sont toujours marrantes à raconter ! Du coup, ça m’inspire et si j’arrive à me souvenir de suffisamment d’anecdotes, je pense écrire un article similaire ! :D xx

  3. Super ce type d’article ! Comme Ophélie, ça m’inspire à en faire un article si ça ne te dérange pas :)
    La dernière anecdote et l’homme qui sort de nulle part à 3h du matin : OMG !!! J’aurai, je pense, le même réflexe : ne pas m’arrêter ! Quel périple en tout cas !
    xx

    • Ça ne me dérange absolument pas! Justement, j’ai hâte de lire tout ça!
      C’était assez flippant oui, surtout avec avec tout ce qu’on avait vécu avant et qui avait créé une atmosphère particulière.

  4. Haha très bonne idée cet article :) Dis donc il t’en est arrivé des choses ! ^^
    La plus grosse pour moi c’est lors de la montée du mont Śnieżka (1602m d’altitude) en Pologne, ou plutôt lors de la descente.. Il y a une partie en télésiège et une partie à pieds. On a mis un temps fou à grimper et redescendre la partie à pieds car il y avait une neige de fou et ça glissait trop.. Arrivés au télésiège à 16h10, le gars nous parle en Polonais mais on comprend qu’il nous arrive un truc pas cool haha.. ça fermait à 16h. On a dû tout redescendre à pieds comme des cons avant que la nuit tombe ! Maintenant on en rit mais sur le coup.. beaucoup moins :P

  5. Pingback: 1 destination, 1 photo, 1 souvenir - Cookie et Attila - Voyages et découvertes

  6. Pingback: Comment je n’ai pas tout à fait visité Liberec et Jested - Cookie et Attila - Voyages et découvertes

Ecrire un commentaire